• Magellan maitre marin de Pond

    1965    160 p.   12 €

         Magellan était issu d'une humble noblesse portugaise et orienté très jeune vers la carrière des armes. Il étudia aussi la navigation et travailla au département de la Marine à Lisbonne. Dès 1505, on peut le situer dans les Indes orientales. Probablement parti avec la flotte d'Almeida en tant qu'officier. Sous les ordres d'Alburquerque, Magellan participa au bombardement d'Ormuz et peut-etre aussi un peu auparavant à la bataille de Diu gagnée contre un flotte egypto-vénitienne. Après avoir fait un peu de commerce avec son propre argent, il décida de revenir au Portugal pour finir tranquillement ses vieux jours. Mais le navire s'échoua au passage du cap Bonne Espérance et coula avec toutes ses richesses. Magellan, sauf mais ruiné, fut ramené par un navire aux Indes. En 1511, il participa au bombardement de Mallaca, toujours sous les ordres d'Alburquerque. Les portugais avaient alors les moyens d'atteindre directement les fabuleuses îles aux épices. Un ami de Magellan, Serrao, s'y rendit avec difficultés, et de là transmit régulièrement à son ami des informations sur la navigation dans les îles. Magellan ne put le rejoindre. Il retourna au Portugal en 1513.

       Du Portugal, il partit guerroyer au Maroc. Une sombre histoire de corruption salit son nom. Il plaida plusieurs fois devant le roi Manuel sans succès. Après cet échec, il renia sa citoyenneté et partit à Séville (1517) offrir ses services à Charles I de Castille et d'Aragon (Charles Quint). Il se maria avec la fille de Diogo Barbosa, un transfuge du Portugal, comme lui, lassé de l'ingratitude du roi.

       Ce fut vers cette période qu'il entendit parler de la découverte de Balboa et qu'il songea aussitôt que les îles aux épices de son ami Serrao ne devaient pas être très loin à l'ouest du continent américain, sous-estimant grandement ainsi la taille de l'océan Pacifique. Il avait de plus un argument politique en faveur de l'Espagne. Les îles, d'après ses calculs, se trouvaient du côté espagnol de la fameuse ligne de démarcation qu'il interprétait comme le méridien passant des deux côtées de la Terre (au milieu de l'Atlantique et de l'autre côté en Asie).

        Le roi accepta l'idée d'un tel voyage vers l'ouest en 1518, mais les portugais, craignant pour leur monopole sur les épices, firent un barrage diplomatique qui retarda l'expédition. Finalement le 10 aôut 1519, 5 navires sous le commandement de Magellan quittèrent Séville. L'importance de l'expédition (prés de 300 hommes) n'était pas seulement due aux richesses en épices attendues, mais aussi à la résistance portugaise anticipée. Le Portugal envoya en effet deux flottes de navires intercepter Magellan. L'une au Brésil et l'autre au cap Bonne Espérance. Sans résultat.

    Magellan arriva au Brésil où il resta 13 jours. Il explora le Rio de La Plata (déjà visité par Diaz de Solis), une grande voie d'eau qui cachait peut-être un passage vers la mer de l'ouest, mais il se rendit compte que c'était un estuaire et hiverna un peu plus au Sud, en Patagonie. Là-bas, l'italien qui tenait le journal de bord le plus détaillé que nous avons de l'expédition, décrivit des hommes deux fois plus grands que les européens et courant si vite qu'ils ne pouvaient jamais les rattraper. Le mystère reste entier sur l'existence de tels hommes. Magellan était déterminé à tenter sa chance plus au sud pour trouver un passage. Ses hommes l'étaient moins. Une mutinerie de trois commandants dut être réprimée. Pendant la traversée du cap qui porte son nom, Magellan perdit deux navires. Un navire s'échoua, l'autre se mutina et rentra en Espagne.

        Magellan fit alors route plein Nord, puis plein Ouest arrivé à l'equateur. L'équipage souffrit de malnutrition. L'océan était si calme pendant cette partie du voyage que Magellan l'appella le Pacifique. La flotte traversa tout le Pacifique et n'aperçut pas -hélas, pour les hommes malades- les îles polynésiennes. Ils aboutirent aux îles Mariannes puis aux Philippines. Magellan conclut des pactes d'alliance avec les chefs locaux et se lança dans un formidable et pacifque prosélytisme religieux. En voulant imposer la suzeraineté de son roi sur une île voisine, il mourut, préférant protéger de son corps la retraite de ses soldats.

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    L'histoire de Ferdinand Magellan et de ses compagnons dépasse les limites de l'imagination des plus grands romans d'aventures. Il quitta Séville en 1519 avec 265 hommes dans 5 caravelles pour faire le premier tour du monde dans des mers totalement inconnus. Le retour eut lieu 3 ans plus tard avec seulement 19 survivants, et sans Magellan mort en cours de route. L'expédition avait parcouru 43 000 milles.

    Rien que l'organisation de l'expédition fut une aventure, Magellan avait des ennemis puissants qui faillirent l'assassiner. Durant l'expédition il y eut une mutinerie qu'il fallut réprimer dans le sang. Après le délicat franchissement de la pointe sud de l'Amérique, la traversée du Pacifique (nom donné par Magellan) dura des mois et des mois pendant lesquels "Magellan était torturé d'angoisse et de peine" mais 'il a toujours gardé son calme et la maitrise de lui même au milieu des pires infortunes' selon le chroniqueur de l'expédition Antonio Pigafetta. Il finit par se faire assassiner aux Philippines, lors d'un débarquement dans une ile.

    Au retour, les portugais jaloux du succès de l'expédition financée par le Roi d'Espagne, essayèrent d'intercepter les navires survivant qui parvinrent à grande peine à se frayer un chemin vers l'Espagne ou ils arrivèrent en 1522. On trouve dans ce petit livre tous les éléments du grand roman d'aventure mais en vrai. Le texte est illustré par de nombreux dessins et photographies.


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  • Extraits d'un journal écrit par un navigateur qui était dans l'expédition de Magellan

    « Nous navigâmes pendant le cours de trois mois et vingts jours, sans goûter d'aucune nourriture fraîche. Le biscuit que nous mangions n'était plus du pain mais une poussière mêlée de vers qui en avaient dévoré toute la substance et qui, de plus, était d'une puanteur insupportable, étant imprégnée d'urine de souris. L'eau que nous étions obligés de boire était également putride et puante [...].
    Notre plus grand malheur était de nous voir attaqués d'une espèce de maladie par laquelle les gencives se gonflaient au point de surmonter les dents [...]. Dix-neuf d'entre nous en moururent.»

    (A. Pigaffeta, Journal de bord.)


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  • Au sud de l'Amérique 

             RELATION DU PREMIER VOYAGE AUTOUR DU MONDE PAR MAGELLAN 1519-1522

       "Partant de là jusqu'au quarante-neuvième degré et demi au ciel antarctique, parce que nous étions en hiver, nous entrâmes dans un port pour hiverner et nous demeurâmes là deux mois entiers sans jamais voir personne. Toutefois, un jour, sans que personne y pensât, nous vîmes un géant qui était sur le bord de la mer tout nu et il dansait et sautait et chantait. Notre Capitaine envoya vers lui un de ses hommes auquel il donna charge de chanter et danser comme l'autre pour le rassurer et lui montrer amitié, ce qu'il fit.

        Et tout de suite l'homme du navire conduisit ce géant à une petite île où le Capitaine l'attendait. Quand il fut devant nous, il commença à s'étonner et à avoir peur, et il levait un doigt vers le haut, croyant que nous venions du ciel. Il était si grand que le plus grand de nous ne lui venait qu'à la ceinture. Il était vraiment bien bâti. [...].
    Six jours après, nos gens allant couper du bois virent un autre géant au visage peint, qui avait à sa main un arc et des flèches; s'approchant de nos gens, il fit quelques attouchements sur sa tête et après sur son corps, puis en fit autant à nos gens [...].


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  • Portrait

    Voici le portrait de Magellan

     


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     Écrivain et navigateur italien (Vicence vers 1480-1534), auteur, dans un italien mêlé d'espagnol et de vénitien, d'une relation de l'expédition de Magellan, à laquelle il participa.Antonio Pigafetta, (date de naissance inconnue généralement située entre 1480 et 1491, probablement à Vicence et date de décès également inconnue), est un marin et chroniqueur italien du XVIe siècle qui a participé sous les ordres de Magellan puis Juan Sebastián Elcano au premier voyage autour du monde (circumnavigation) et qui en a laissé la chronique la plus complète et la plus célèbre, celle sur laquelle se basent tous les travaux relatifs au voyage de Magellan. 

    Les historiens doivent se contenter de très peu de documents concernant la vie d'Antonio Pigafetta : quelques lettres autographes, quelques indices éparpillées dans diverses archives, le tout postérieur à son voyage autour du monde. La famille Pigafetta est une ancienne lignée identifiée dès le XIe siècle. En 1920, P. Pastells identifia son père, Giovanni Pigafetta, mais celui-ci ayant eu au moins trois femmes, il n'est toujours pas possible de savoir qui est sa mère. Léonce Peillard écrit : « Puisqu'il n'est pas possible de faire entrer Antonio Pigafetta dans les tables généalogiques de cette famille, bien que celles-ci ne présentent aucune lacune, certains pensent qu'il était peut-être un enfant naturel ; mais alors il n'eût pas été nommé chevalier de l'Ordre de Malte dont les bâtards étaient exclus. ».


    Antonio Pigafetta, également connu sous le nom d’Antonio Lombardo vient en Espagne en 1519 où il accompagne le nonce apostolique, monseigneur Chieregati, dont il était le secrétaire. Recommandé par le nonce apostolique, il se rend à Séville, où il s’enrôle dans l’équipage de la flotte de Fernand de Magellan à bord de la Trinidad. Il est inscrit comme supplétif et serviteur de Magellan, « criados del Capitan y sobresaliente » en espagnol.

    Pigafetta raconte la mésaventure qui le 25 mars 1521 manque de le noyer lorsque pêchant du bord du navire il tombe à la mer ; mais ses cris alertent des compagnons qui le tirent de ce mauvais pas, et l'auteur de conclure : « je fus secouru, non point par mes mérites mais par la miséricorde et grâce de la fontaine de pitié. ». Une fois dans le Pacifique, que son texte désigne ainsi pour la première fois sous ce terme, et alors que la flotte rencontre après plus de trois mois de navigation les premières îles habitées, Pigafetta est parfois appelé à établir un contact prolongé à terre avec leurs populations. C'est notamment le cas fin mars 1521 sur l'île de Limasawa où avec un autre compagnon il partage plusieurs repas de bienvenue : « ainsi, avec cette cérémonie et autres signes d'amitié, nous banquetâmes puis soupâmes avec lui. Je mangeai le Vendredi saint de la chair, ne pouvant faire autrement (...) Là j'écrivis assez de choses comme ils nommaient en leur langage, et quand le roi et les autres me virent écrire et que je leur disais leur manière de parler, ils furent tous étonnés. ». Lors de l'affrontement avec les indigènes de l'île de Mactan le 27 avril 1521, Magellan meurt et Antonio Pigafetta est blessé. C'est d'ailleurs cette blessure qui lui fait échapper au piège du « banquet de Cebu » qui fait vingt-six victimes parmi l'équipage le 1er mai 1521 : « Je ne pus y aller pource que j'étais tout enflé de la blessure d'une flèche envenimée que j'avais eue au front ».

    Magellan mort, Antonio Pigafetta voit son rôle au sein de la flotte prendre de l'importance. Il est souvent sollicité pour entrer en relation avec les populations rencontrées. Il accomplit finalement le tour du monde avec dix-sept autres survivants du périple sous les ordres de Juan Sebastián Elcano à bord de la Victoria en atteignant Sanlúcar de Barrameda le 6 septembre 1522. Deux autres Italiens, Martino de Judicibus – rentré lui aussi à bord de la Victoria – et Luca Pancaldo – rentré à bord de la Trinidad en 1525 – survécurent à l'expédition de Magellan. Comme l'écrivent Carmen Bernand et Serge Gruzinski dans leur Histoire du nouveau monde : « Pigafetta échappa à tous les maux qui décimèrent les membres de l'équipage et fut l'un des rares à faire le tour du monde avec Elcano ». Les historiens ont relevé qu'il ne nomme pas une seule fois Elcano dans son récit du voyage de retour et qu'il rend au contraire un hommage très appuyé à son capitaine défunt.

    Il remet dès son retour une première version de son témoignage écrit – essentiel pour la connaissance de cette première circumnavigation – à Charles Quint. Il voyage ensuite à Lisbonne pour rencontrer Jean III de Portugal et en France auprès de Louise de Savoie à qui il remet un manuscrit de sa relation. De retour en Italie début 1523 il continue la rédaction de son récit dans l'entourage du duc de Mantoue puis à la cour du pape Clément VII, cherchant à faire publier son texte. Il dédie son texte à Philippe de Villiers de L'Isle-Adam et est intronisé chevalier de Rhodes en 1524. Il reçoit alors une modeste pension et c'est à partir du mois août de cette année que l'historien perd sa trace.

    Son long récit de navigation et de découverte n'est pas le premier témoignage imprimé concernant le voyage de Magellan. La « lettre » de Maximilianus Transylvanus publiée en janvier 1523 fut pendant quelques années la source principale d'information du public de l'époque.

    Un membre de sa famille, Filippo Pigafetta (1533-1604), a longtemps voyagé en Afrique et s'est fait connaître à la fin du XVIe siècle en publiant une relation de voyage au Congo.

    Son récit de voyage 

    Navigation & découvrement de l'Inde supérieure & îles de Malucque où naissent les clous de girofle, faite par Antonio Pigafetta, vicentin et chevalier de Rhodes, commençant en l'an 1519, ainsi est intitulé le récit du voyage dans le manuscrit conservé à la Bibliothèque Beinecke de livres rares et manuscrits. Il s'agit d'un journal de bord, doublé à l'occasion d'un travail de linguiste. Il a en effet consigné, lors de ce voyage, le premier lexique des Indiens de Patagonie qu'il élabore avec l'aide d'un autochtone capturé. Arrivé aux Philippines, sur l'île de Cebu, il consigne également la langue vernaculaire tout en relevant leurs usages et coutumes, ce qui fait de son journal un document ethnographique précieux. Il est en particulier le premier à décrire la coutume du palang. Stefan Zweig écrit dans sa biographie de Magellan : « du paysage il ne donne nulle description, ce dont on ne peut d'ailleurs lui faire aucun reproche, étant donné que la description de la nature n'a été inventée que trois siècles plus tard par Jean-Jacques Rousseau ».

    Pigafetta note aussi des observations astronomiques faites dans l'hémisphère sud. Une de ses observations permit de conforter la découverte des Nuages de Magellan déjà mentionnés par Pierre Martyr d'Anghiera en 1504. Léonce Paillard avance : « pour tout ce qui touche à la navigation, à la mer, le récit est succinct, ce qui confirme notre conception d'un Pigafetta plus terrien que marin, alors qu'il s'étend, parfois un peu trop, sur les détails de la faune et de la flore exotiques. ». Cette relation est considérée comme « un incontestable chef-d'œuvre de la littérature de voyage » et Pigafetta retrouve dans quelques passages l'habitude des conteurs de l'époque de rapporter des faits extraordinaires ou heurtant le sens commun comme lors de la rencontre avec l'« indien patagon » au début de l'année 1520 qui « était tant grand que le plus grand d'entre nous ne lui venait qu'à la ceinture ». « Lorsque l'exagération atteint le merveilleux, Pigafetta prend soin d'ajouter qu'il ne fait que transcrire un récit de voyageur ou d'indigène » tempère Léonce Peillard.

    La forme adoptée par Pigafetta est très probablement inspirée par le Liber insularum archipelagi de l'humaniste florentin Cristoforo Buondelmonti qui au début du XVe siècle propose un récit personnel d'un voyage dans les îles de la mer Égée agrémenté de cartes des îles visitées. Pigafetta transpose ce procédé en considérant l'ensemble du globe comme un immense archipel.

    Il existe quatre manuscrits illustrés de son récit, tous des copies d'un original perdu. Trois sont en français, dont deux conservés à la BNF et un à la bibliothèque Beinecke. Le quatrième exemplaire, en italien emprunt de dialecte vénitien, daté de 1525, est le plus sûr et le plus complet. Il est conservé à la Bibliothèque Ambrosienne de Milan. Entre 1526 et 1536 paraît en France la première édition imprimée dans une version abrégée, traduite en 1536 en italien puis traduite et résumée en 1555 en anglais. Le récit de Pigafetta a été en particulier repris en 1550 par Giovanni Battista Ramusio, qui est sans doute le traducteur de la version de 1536, dans son Primo volume delle Navigationi et Viaggi. De nombreuses éditions sont ensuite régulièrement publiées à partir du début du XIXe siècle jusqu'à aujourd'hui

    Bibliographie  

    • Albino Morello (dir.), revue monographique L'Illustre Vicentino n°1, juin 1992, dédié à Antonio Pigafetta.

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  • Les rescapés reprennent leur périple, abandonnant un des navires, et le Basque Juan Sebastián de Elcano (1476-1526) impose son autorité. Les Moluques sont atteintes en novembre. Mais la Trinidad n'est bientôt plus en état de poursuivre sa navigation : de longues réparations lui sont nécessaires, et elle sera capturée plus tard par les Portugais. À partir du 12 décembre 1521, Elcano revient sur la petite Victoria.

       En mai 1522, il réussit à franchir le cap de Bonne-Espérance et parvient à Sanlúcar le 6 septembre. Le premier tour du monde a demandé presque trois années. Dix-huit hommes parvinrent à revenir à Séville.


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  • La navigation se déroule par mer calme, à tel point que Magellan dénomme « Pacifique » ce nouvel océan. Mais l'immensité du Pacifique semble ne laisser aucun espoir aux navigateurs : « Nous demeurâmes trois mois et vingt jours sans prendre vivres ni autres rafraîchissements et nous ne mangions que du vieux biscuit tourné en poudre, tout plein de vers et puant de l'odeur d'urine que les rats avaient fait dessus après avoir mangé le bon. » Le 6 mars 1521, enfin, une île est atteinte dans l'archipel des Mariannes : ses habitants montent à bord, commettent mille petits larcins. Un raid à terre leur apportera la terreur : sept naturels de cette « île des Larrons » seront massacrés.

       Après dix jours de navigation, on parvient à l'une des Philippines (16 mars). Cette fois, les rapports sont bons avec les indigènes, et Magellan entreprend leur conversion : le roi et la reine de Cebu acceptent de se faire baptiser (14 avril), ainsi que de nombreux sujets (cependant, un village récalcitrant sera brûlé…). Il ne restera plus, tâche aisée, qu'à faire jurer aux néophytes « fidélité » au grand souverain d'Espagne. Mais, de ce fait, Magellan doit assurer des responsabilités dans des querelles locales : un vassal rebelle règne sur la petite île voisine de Mactan. Magellan y débarque avec 59 hommes. Les insulaires contre-attaquent vivement les intrus, qui sont submergés. Le 27 avril, Magellan est atteint à la jambe. Alors, « un Indien lui jeta une lance de canne envenimée au visage qui le tua tout raide ».


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  • Magellan

    Le départ de Séville a lieu le 10 août 1519. Les approvisionnements complétés, on quitte Sanlúcar derrière la Trinidad, le vaisseau amiral, le 20 septembre. Les Canaries sont atteintes le 26. Après avoir suivi la côte d'Afrique, on traverse l'Atlantique, en affrontant de mauvaises tempêtes qui allument des feux Saint-Elme à la pointe des mâts. La côte brésilienne est en vue à la fin de novembre, vers le site de Recife. Le 13 décembre, la flotille entre dans la baie de Rio, puis, en janvier 1520, l'expédition pénètre dans le río de La Plata. Mais le passage vers l'ouest reste introuvable et, le 31 mars, il faut s'arrêter pour hiverner sur la côte de Patagonie, par 49 ° de latitude, dans la baie de San Julián, bien au sud des latitudes auxquelles on pensait descendre. L'inquiétude de tous est grande, et Magellan doit faire face à un complot : le chef portugais n'a jamais été vraiment accepté par la majorité espagnole de ses officiers. Cartagena se rend maître de trois navires. Magellan reprend le dessus par la ruse : l'un des mutins, Luíz de Mendoza, est égorgé ; un autre, Gaspar de Quesada, est décapité. Le 24 août, Cartagena sera abandonné sur un littoral désert, avec un prêtre.

       Le 18 octobre, quatre navires partent vers le sud (le cinquième s'est échoué). Dès le 21, le cap qui marque l'entrée du passage vers l'Ouest est atteint. Le 1er novembre, la petite flotte au complet entreprend de forcer ce détroit, auquel le nom du découvreur sera donné plus tard. Vingt-sept jours de navigation entre de sinistres falaises conduisent enfin à l'autre océan. Mais un second navire a disparu, le San Antonio, dont l'équipage s'est mutiné : son retour en Espagne (mai 1521) donnera les premières nouvelles de l'entreprise.


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    En 1512, Magellan est de retour à Lisbonne, où il peut mûrir son projet. Le service de la Couronne le conduit l'année suivante au Maroc, où il est blessé au genou dans une expédition contre les Maures : il claudiquera jusqu'à la fin de ses jours. Accusé de malversation, il prend sur lui de revenir se défendre devant son roi, sans passer par la voie hiérarchique : il est mal reçu par Manuel Ier, qui l'éconduira de nouveau lorsqu'il demandera une modeste réévaluation de sa pension.

       Il se lie alors avec un cosmographe, Ruy Faleiro, avec lequel il développe son projet de voyage vers les Moluques. C'est sans doute de bonne foi, et non poussés par quelque ressentiment vis-à-vis de leur souverain, que les deux hommes en viennent à considérer que les Moluques dépendent plutôt de la couronne d'Espagne que de celle du Portugal : les bulles de 1493 et le traité de Tordesillas ne pouvaient être précis quant à la ligne partageant ces confins de l'Asie, que l'on imaginait proches de l'Amérique espagnole. Dès lors, ce n'est pas une trahison que de se tourner vers Charles Ier, le futur Charles Quint, pour mettre sur pied le nouvel itinéraire, qui utiliserait pour la première fois la rotondité de la Terre.

       Magellan arrive à Séville en 1517 et se place sous la protection d'un Portugais passé au service de l'Espagne et devenu commandeur de l'ordre de Santiago, Duarte Barbosa (vers 1480-1521). Il peut ainsi entrer en rapport avec de hauts personnages, et en particulier avec Juan de Aranda, haut fonctionnaire très influent à la « Casa de Contratación », organisme qui traite les affaires des Indes. Finalement, Charles Ier lui accorde pour dix années l'exclusivité de la recherche qu'il préconise (22 mars 1518). La Couronne prend les frais à sa charge ; Magellan et Faleiro recevront le vingtième des revenus des terres découvertes.

       Le voyage va être préparé activement, malgré les intrigues des Portugais, qui voudraient bien, maintenant, tenter de le faire remettre. Cinq navires sont confiés à Magellan, avec 265 hommes. Au dernier moment, on embarque l'Italien Antonio Pigafetta (1480 ou 1491-vers 1534), qui sera l'historiographe de l'entreprise et l'un des rares survivants. Le représentant du roi d'Espagne est Juan de Cartagena, commandant le San Antonio et avec lequel Magellan entretiendra très vite des rapports difficiles.


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  • Magellan appartenait à la petite noblesse, mais l'on ne sait presque rien sur son enfance : il fut sans doute page à la cour de Lisbonne. En 1505, il participe à l'expédition vers les Indes orientales de Francisco de Almeida, le futur vice-roi des possessions portugaises. Le premier combat auquel il prend part se produit le 16 mars 1506 devant Cannanore. Magellan est peut-être blessé alors et rapatrié. Il est possible qu'il ait été de nouveau impliqué, dans des affrontements avec les Arabes de l'océan Indien, au début de 1509 : il aurait été encore blessé. Il participe en tout cas à la conquête de la route des épices par les Portugais : il est à Malacca le 11 septembre 1509 et échappe au guet-apens préparé par le sultan de la place. De cette expédition, il ramène un esclave, qui sera son plus fidèle compagnon, Henrique, et une amitié solide, celle de Francisco Serrão, auquel il a sauvé la vie.

       En 1511, Albuquerque étant devenu le vice-roi des Indes portugaises, Magellan s'illustre lors de la prise de Malacca : le chemin des épices, vers les Moluques, est ouvert. Serrão est l'un de ceux qui sont chargés de terminer la tâche. Après un naufrage, il est recueilli par des navigateurs d'Amboine et se fixe à Ternate, où il devient le conseiller du souverain local. Il entre en correspondance avec Magellan : c'est alors que les deux amis imaginent, sans doute, de trouver une route nouvelle vers les Moluques.


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